Le Guichetier de la Poste
D’une lenteur remarquée et remarquable, sans une ombre de sourire avec un soupir d’indifférence, il prend vos lettres et vos colis sans vous regarder, sans savoir qui vous êtes. Il pèse, soupèse et tapote avec deux doigts un ordinateur vieillot. Il réfléchit, puis demande : « en ordinaire ? Pour la France ? ». C’est alors qu’il se lève, sans prévenir et s’en va derrière, caché par la cloison de papier mâché. On ne sait pas quand il va revenir, alors on attend, patiemment. Au bout de dix longues minutes, il revient puis repart, il a du oublier quelque chose. La file torturée des clients excédés s’allonge, s’emmêle et s’entortille et finit par vraiment se fâcher. On se bouscule, on l’interpelle, parfois, on le malmène, on le gronde et on le bafoue. Il ne bronche pas, mais se défend d’un haussement d’épaules mal placé : « Moi je ne suis qu’un remplaçant, alors je n’y peux rien… »

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